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La surprise de mon ami

La surprise de mon ami - Michel Charles

Dans mon village, une vieille tradition veut que, la veille de Noël, nous allions chercher une bûche dans le bois communal pour chaque habitant. C’est une occasion de se retrouver, de parler entre nous du menu qui nous attend, des présents que nous avons choisis. Parfois, des petites disputes éclatent à propos du morceau de bois que l’un a vu avant l’autre. Mais, bien vite, tout rentre dans l’ordre. Nous sommes tous amis depuis notre enfance, et nous nous connaissons si bien. Enfants, comme beaucoup de garçons, nous nous battions dans la cour de l’école. À la fin de la récréation, nous étions redevenus les meilleurs amis du monde. Je sais que je peux compter sur mes copains en cas de problème.  

Dans une grange, j’ai laissé s’entasser des meubles à réparer et d’autres vieux objets. Je me souvenais qu’un fauteuil à bascule attendait son tour pour que je le rafistole. Ma femme l’avait toujours adoré. Enceinte depuis quatre mois, elle me le réclamait pour se bercer dedans en attendant la naissance de notre enfant. J’avais toujours d’autres choses à faire, le nouvel auvent à installer, le parquet pour la chambre du petit à aller chercher, et je reportais toujours la réparation. Mais ma femme sait se montrer persuasive. Elle me décrivit bientôt sa vision de ce que devait être une grossesse épanouie. « Ah, un fauteuil où se balancer, c’est si agréable ! Émilie m’a assuré qu’elle avait adoré. » Elle continua ainsi chaque jour, m’envoyant le message avec discrétion, mais fermeté. Cela devint une obsession, et le sujet fréquent de nos disputes.

Un jour, j’allais regarder dans le débarras. J’avais beau regarder partout, impossible de trouver ce fichu fauteuil ! C’est assez gros, quand même, ça ne peut pas disparaître comme ça ! Je ne dis rien à ma femme, de peur de la contrarier.

Je parlais avec mes amis de la disparition de ce fameux fauteuil. Un sourire énigmatique s’afficha sur leurs visages. Pierre, un de mes vieux camarades de classe, me proposa de passer par chez lui sur le retour. Sympathique, mais la veille de Noël, j’avais plus qu’intérêt à me dépêcher de rentrer. « Passe, je te dis, tu ne seras pas déçu du voyage. » Je le suivais donc en partant.

Chez lui m’attendait le fauteuil que ma femme voulait tant, entièrement refait. Je remerciais mon ami, ému. Il savait que ce cadeau enchanterait ma femme et que nous passerions une bonne soirée de fête. Je n’ai jamais oublié ce qu’il avait fait pour moi, et je passais un moment de réconciliation inoubliable avec ma femme ce soir-là.

 

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Mon travail, étant très prenant et surtout, très stressant, j'aime venir ici pour m'évader. J'aime me détendre en discutant de tout et de rien. Je suis un amateur de chasse et de pêche. Quand je suis sur un lac, je me laisse aller à rêver à tout ce que je vous écrirai en revenant à la maison. Ce blogue est en quelque sorte, une prolongation de mon esprit jusqu'à votre écran. Je souhaite que cela vous plaise !